Bruno Marty, professeur de mathématiques et président de l'association "L'Envolée Numérique" a organisé le samedi 10 avril 2010 à La Réole une journée dédiée aux TIC appliquées à l'éducation. Dans ce contexte, j'ai fait une intervention devant une trentaine d'enseignants et chefs d'établissement de l'enseignement secondaire, sur le thème "le web 2.0 appliqué au secteur de l'éducation".
En voici les grandes lignes.
Le Web 1.0, c'était quoi ?
Le web 1, c'était la plus grande bibliothèque du monde, un univers où l'on pouvait lire, mais pas écrire, ni répondre à moins d'être informaticien...ou capable de recruter un informaticien. La communication était essentiellement unilatérale. J'étais à San Francisco et un site de petites annonces de particuliers voyait le jour et prévisageait le web 2.0 (Craigslist, toujours actif).
Quelques fausses idées sur le web 2.0
Le web 2.0, ce n'est pas les logiciels libres, au contraire. Le principe des services auxquels ont accède empâche l'utilisation du code source et ne prévoit qu'un accès via leurs serveurs.
Le web 2.0, ce n'est pas gratuit. Le modèle le plus répandu est celui du freemium, pour lesquels le service bridé est gratuit (Free) et l'accès aux fonctionnalités avancées sont payantes.
Les 2 composantes du web 2.0
C'est l'accès à tout type de service à travers son navigateur web, sans avoir à installer de logiciels sur votre navigateur. Certains services demandent toutefois l'installation de boutons spécifiques sur le navigateur (Chrome, Firefox le plus souvent, IE et Safari parfois).
C'est aussi une composante sociale, c'est à dire la possibilité pour les utilisateurs de publier, de suivre d'autres utilisateurs, de participer à des groupes thématiques, bien entendu de commenter.
Le web 2, c'est combien ?
Les services professionnels trouvés sur le web 2.0 sont le plus souvent proposés à des tarifs très intéressants. Mais d'autres coûts sont à prendre en compte.
Le coût d'installation et de maintenance est inclus. Vous vous identifiez sur le site et le service fonctionne immédiatement. Forcément, ce n'est pas une solution qui plait aux informaticiens, puisque leur champ d'action est réduit.
Reste le coût d'apprentissage et de maîtrise de l'usage de ces outils. La formation est ici indispensable pour accélérer le processus et sécuriser la mise en oeuvre de telles solutions.
il est intéressant de noter que c'est la structure des projets web qui en est affectée. On a atteintn le Ying et Yang des projets web: alors que 80% des budgets étaient alloués à l'outil et 20% à la formation et aux contenus, on tend aujourd'hui vers une inversion.
Dessinner un projet en ligne-
Mindmeister: Cet outil permet la cartographie des idées. Il est disponible en ligne, et plusieurs membres peuvent interagir sur la carte heuristique créée. Il a notamment été utilisé avec Bruno Marty pour coordonner la préparation de cette conférence.
2 outils pour la veille collecive
Pour faire de la veille sur Internet, deux outils sont indispensables:
Un outil de collecte automatique de l'information: j'ai choisi Google Reader, qui agrège en un seul endroit les abonnements aux flux RSS des sources sélectionnées.
Un outil de sélection, d'indexattion et de partage des informations intéressantes. J'ai présenté deux produits. Le premier Diigo, gratuit mais uniquement disponible en anglais. Le second, Yoolink, français en accès gratuit mais payant pour une utilisation au sein de communautés internes à l'entreprise.
Expérience pilote: Veille collective de l'IAE de Bordeaux 4
J'ai mené avec les étudiants du master Intelligence Economique de l'IAE de Bordeaux 4 une expérience pilote intéressante. Je devais enseigner les fondements de l'intelligence territoriale, discipline dont il est nécessaire de construire la définition. Leur ayant présenté mon métier, ils m'ont demandé d'apprendre à utiliser les outils précédemment cités. J'ai donc modifié mon intervention: j'ai organisé sur une période de 10 heures de cours ( et de bien plus à distance) un travail de veille collective et d'analyse sur l'accompagnement des PME par les acteurs régionaux dans une démarche d'intelligence économique.
Les résultats ont été diffusés sur le site dédié.
Cette démarche à fortement mobilisé les élèves qui se sont impliqués au-delà de mes espérances avec professionnalisme. Tous soulignent qu'ils auraient aimé mené une telle démarche tout au long de l'année.
Carnet de correspondance numérique : une idée
Pour terminer, j'ai souhaité illustrer ce que signifiait d'avoir un site Internet dans l'esprit du 2.0. C'est avant tout être à l'écoute de l'ensemble des besoins des partenaires de l'établissement, et mener une réelle analyse du besoin et des souhaits des différents usagers. L'exemple d'un carnet de correspondance numérique a permis de stimuler le débat.
