Intellitoria : Veille Internet et communication digitale

L'intelligence économique a pendant quelques années été le mot-clé qui qualifiait mon activité, mon métier et mon expertise. Après 5 années d'expériences professionnelles faites de missions variées (analyse de marché, conseil e-business, création de sites web et d'intranets de veille) j'ai aperçu en 2005 cette discipline appelée "intelligence économique". Couplée au concept de Knowledge Management, je me suis intéressé de très près à ces nouveaux mots, et ce qu'ils cachaient, ou plutôt ce qu'ils regroupaient.

Avide de conceptualisation, il me semblait entrevoir une discipline qui unifiait et donnait une cohérence à l'ensemble de mes missions. J'ai donc suivi une formation en master 2 pour approfondir le sujet, en m'intérrogeant sur les possibilités d'adaptation de ces sujets à la problématique du développement des territoires (marché sur lequel je me spécialisai, par amour du service public... mais ça c'est une autre histoire). 

Mettant en application les bonnes pratiques que j'ai pu entendre de la part de divers intervenants sur des sujets relevant de l'action sociale jusqu'au développement économique locale, j'ai également assisté à un certain nombre de conférences sur la thématique de l'intelligence économique (et en ai animé quelques unes).

Mais quelque chose me dérangeait: J'entendais des spécialistes d'un concept généraliste (approche étrange) qui expliquaient en permanence à des chefs d'entreprises parfois circonspects, qu'il fallait "faire de l'intelligence économique". (...) Ou encore mieux, des jeunes fraîchement diplômés qui allaient expliquer à des chefs d'entreprises forts de 20 ans d'expérience, qu'il fallait "faire de l'IE" (parce qu'à un moment, on utilise l'acronyme... Evidemment, quand on le place à chaque phrase, ça devient fatiguant). Regards eberlués, sourire en coin et l'inévitable remarque sarcastique  "Alors M. .XXX, que dois-je faire pour devenir intelligent?" ..Sueurs froides, boule au ventre, sourcil qui vacille... L'entretien est mal engagé.

Mon conseil: vous voulez faire faire de l'intelligence économique? N'en parlez pas!!

Je parlais avant-hier à un de mes anciens étudiants en recherche d'emploi, et c'est le conseil que je lui ai donné: "Essaie de ne pas utiliser le mot intelligence économique dans ton discours". Tu veux parler de communication d'influence? Parle de plan médias. Tu veux parler protection des informations stratégiques? Parle de charte de confidentialité, de protection intellectuelle. Tu veux parler de veille économique? Parle plutôt de veille internet sur l'activité des concurrents, de surveillance d'indicateurs du marché.

En clair, parle le langage de ton interlocuteur.

On ne peut pas prétendre à être un spécialiste de toutes les disciplines de l'intelligence économique, sauf à avoir l'expérience d'une vie de chef d'entreprise et à avoir toujours considéré l'information comme élément central de sa démarche.

On me demande, parfois, de présenter le concept d'intelligence économique à des chefs d'entreprise. L'exercice de style auquel je me livre est de le présenter sans utiliser le mot. Et mes interlocuteurs semblent en être satisfait.

Dans le cadre de mes formations, je me limite aujourd'hui à parler de veille internet collaborative. Créer des processus de collecte et de partage d'informations en provenance du net. Ce n'est pas de l'intelligence économique. C'est de la gestion de l'information

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Sauf que personne n'a dit que

Anonyme on 10.05.2010

Sauf que personne n'a dit que l'I.E c'est le traitement de l'information dans ce cas c'est de la documentation ce que vous appelez gestion de l'information.

L'I.E s'appuie principalement sur la notion de collecte ou de renseignement de l'information à très haute valeur ajoutée et pas de l'information blanche ou très librement accessible en coups de deux requêtes.

Enfin l'I.E c'est de l'aide à la décision.

L'activité de créer des produits d'information, de créer des moyens de véhiculer l'information en interne ou d'interroger des bases de données c'est l'activité même du documentaliste.

Et vive les documentalistes!!

aurelien on 11.05.2010

Donc si je comprends bien, votre vision de la gestion de l'information dans l'entreprise est une fonction confiée à une seule personne appelée documentaliste??? Pour un spécialiste de l'intelligence économique (j'imagine que c'est ce qui se cache derrière "anonyme"), c'est une vision plutôt réductrice, et j'ajouterai obsolète.

D'abord parce que dans toute organisation, toute personne est un capteur d'information et ce qui manque le plus souvent, ce sont des moyens simples de partager ces infos. Et là, les fonctions communication interne, responsable d'intranet entrent en jeu.

En l'occurrence, les documentalistes ont une réelle expertise de la gestion de l'information et sont les personnes, à mon sens, les plus adaptées à conduire un projet global de veille.

Donc par rapport à l'objectif de gestion de l'information, il y a au moins trois fonctions concernées: Documentaliste pour son expertise de la collecte et du classement de l'information, communication interne pour la connaissance des communautés de pratiques de l'entreprise, et responsable SI pour la gestion des outils.

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